Essai : Audi RS 3 Berline

Après l’essai, il y a presque un an de l’Audi RS 3 Sportback, on prend cette fois-ci le volant de la version Berline. L’allure générale reste similaire à celle de sa petite soeur Audi S3 Sportback et on perçoit sa vocation de vraie sportive au travers de petits détails. Face avant beaucoup plus massive avec une large calandre noire, ailes avant élargies, pare-choc arrière redessiné… La couleur de notre modèle d’essai, le Vert Kyalami tout comme la version Sportback de l’année dernière. La signature lumineuse de la gamme RS 3 est particulièrement réussie et propose même des animations à l’ouverture/fermeture de la sportive.

À l’intérieur, les différences sont encore plus subtiles. Les logos RS placés sur le volant et les sièges la distinguent de la gamme S3. Au vu de la différence de prix affichée, on pourrait légitimement attendre des modifications plus importantes comme sur la récente version limitée performance edition. On regrette les plastiques durs dans les bas de portes ainsi que sur la console centrale. La qualité d’assemblage est au rendez-vous mais ça on en a jamais douté.

Le système Infotainment est bien conçu et très complet. Il donne accès à de nombreuses fonctionnalités et autres réglages du véhicule. L’Apple Carplay est utilisable sans fil est une vraie calamité et toujours aussi peu fiable, rien de tel que la connectivité par cable qui est cet fois optimale !!! Le système de recharge sans fil aura tendance à faire surchauffer votre portable (iPhone 12 Pro Max). La combinaison entre l’écran tactile et les boutons paraît optimale.

C’est sous le capot ou le fameux moteur 5 cylindres remplace très avantageusement le 4 cylindres de 310 ch de la S3. Cette motorisation faisant partie de l’histoire de la marque aux anneaux est ici reprise dans sa version 2.5L TFSI de 400 chevaux déjà vue sur la précédente génération d’Audi RS 3. Si la puissance n’évolue pas, le couple maximal passe de 480 à 500 Nm, et les performances sont en nette amélioration avec un 0-100 km/h parcouru en 3.8 secondes, au lieu des 4.1 secondes nécessaires à l’ancienne génération.

Saluons la persévérance de la marque à maintenir son 5 cylindres dans sa compacte. Toutefois, les normes plus drastiques font vite regretter le son étouffé du moteur par rapport à ses ancêtres. On perd donc le caractère rauque et racé, voir superbement exagéré, des Audi RS 3 de 2015. La comparaison a de quoi faire littéralement pâlir la nouvelle version, dotée d’embouts d’échappement en trompe l’œil car intégrés au bouclier… et entourés de fausses grilles en nid d’abeille.

Au volant, on perçoit rapidement la très grande efficacité de cette Audi RS 3 Berline. Le moteur est plein partout et nous propulse rapidement à des allures répréhensibles, mais le caractère linéaire du 5 cylindres turbo ne fait pas ressentir des sensations extrêmes. Il faudra s’armer d’un chrono ou, plus simplement, consulter le compteur, pour se rendre compte de l’efficacité de l’engin. La direction filtre la route et ne parvient pas à transmettre les imperfections de la chaussée. Vous filez donc à vive allure, en toutes circonstances mais… en toute tranquillité. Cela a de quoi surprendre pour un modèle RennSport qui devrait se démarquer de la version S3 à la vocation plus polyvalente. La voiture est d’une grande efficacité (son chrono de 7’41’’ au Nürburgring en atteste) mais elle est malheureusement avare en sensations.

Les freins de notre modèle d’essai, équipés des disques céramiques à plusieurs milliers d’euros, s’avèrent puissants et extrêmement performants. En revanche, leur dosage n’est pas instinctif mais ce sont les bruits (sifflements et autres grincements) qui ont le plus perturbé notre essai. Pas toujours rassurant, même si, disons-le de suite, nous n’avons jamais perdu les freins.

A l’entrée des courbes, la RS3 s’avère très neutre et son train avant s’engage volontiers. En sortie de virage, une accélération (très) franche permet d’enrouler et former une légère dérive de l’arrière, même sans enclencher le mode RS Torque Rear.

Ce comportement légèrement plus joueur est dû à la présence du nouveau différentiel à vectorisation de couple sur l’essieu arrière, déjà aperçu sur la VW Golf 8 R ainsi que sur le Cupra Formentor VZ5. À noter que ce système n’est pas implanté sur la S3 qui est encore dotée d’un répartiteur de couple Haldex entre les deux essieux, moins adapté à une conduite très dynamique.

La voiture dispose de sept différents modes de conduite (Efficiency, Confort, Auto, Dynamic, RS Individual, RS Performance et RS Torque Rear) qui peuvent être personnalisés. Vous pourrez ainsi régler la dureté des suspensions, la direction, l’ESP ou agir sur la sonorité de la voiture. Vous pourrez accéder aux différents réglages via un bouton sur la console centrale ou encore via le bouton RS sur le volant pour les modes les plus sportifs.

Côté transmission, la boîte S tronic à 7 rapports à double embrayage est la seule disponible. La vitesse de changement des rapports est plutôt bonne mais la latence entre l’action sur les palettes et le moment du changement effectif n’a rien de sportif. Pire, la boîte se permet quelques libertés si vous roulez sur un rapport délibérément élevé et décidez de peser fortement la pédale d’accélérateur pour bénéficier du couple du 5 cylindres, elle rétrogradera toute seule. Par ailleurs, au moment d’engager un rapport inférieur, vous aurez systématiquement la tête qui part vers l’avant… avant qu’elle ne soit plaquée à l’appui-tête par la poussée du moteur.

Une meilleure coordination moteur/boîte permettrait sans doute une conduite plus fluide ainsi qu’une consommation abaissée. Lors de notre essai, la consommation moyenne était légèrement supérieure à 12 l/100 km. Il s’agit d’une consommation (relativement) raisonnable compte tenu du rythme imposé et de la motorisation du véhicule. En mode efficiency nous sommes descendus à seulement 6,9 l/100 km avec une conduite digne d’une voiture électrique !

Face à l’Audi RS 3 Berline, il y a peu de concurrentes aussi véloces. On retrouve surtout la Mercedes CLA 45 S AMG avec ses 421 ch (0-100 km/h en 3.9 secondes) et sa transmission intégrale . La BMW M240i xDrive GrandCoupé figure également parmi ses concurrentes malgré une puissance et des performances légèrement en retrait (374 ch et 0-100 km/h en 4.3 secondes)

L’Audi RS 3 Berline est une sportive redoutable d’efficacité !!!

Photos : Audi4Addict

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